À ce stade, la plupart des adeptes de yoga ont sûrement déjà entendu (une ou deux fois) que le yoga signifie « union ». « Union » est un mot très polyvalent (clin d’œil). Dans le monde du yoga, il réunit le corps et l’esprit, le mouvement et la respiration, l’individu et le cosmos. On peut aussi voir l’union comme une connexion.
Le yoga vise à réparer certaines des déconnexions que beaucoup d’entre nous ressentent au quotidien dans notre vie moderne. Les pratiques du yoga, notamment les asanas et la méditation, nous aident à renouer avec des choses qu’on a peut-être été conditionnés à refouler, comme les sensations de notre propre corps et nos vrais sentiments. Grâce au yoga, on peut se reconnecter à certains des aspects les plus fondamentaux de notre humanité.
Le langage du corps
Quand on est tout petit, on est très conscient de nos besoins corporels. Si t’as faim, froid ou si tu t’es écorché le genou, aucun filtre ne t’empêche de le faire savoir, parfois très fort. En grandissant, on commence à se demander si c’est normal d’avoir faim, parce qu’on risque peut-être d’être jugé si on mange plus, ou si c’est mieux de ne pas ressentir la douleur, parce que ça nous rend plus forts.
Au début de l’adolescence, on devient aussi beaucoup plus conscient de l’apparence de notre corps et on est poussé à privilégier ça plutôt que ce qu’on ressent. Quand on nie la validité des messages que notre propre corps nous envoie, ça crée un énorme décalage entre le corps et l’esprit.
Les asanas de yoga sont très efficaces pour commencer à rétablir ces liens en t’encourageant à te connecter aux sensations, grandes ou petites, qui se produisent en toi en permanence, même quand tu as l’impression d’être simplement assis ou debout sans bouger. C’est ce qu’on appelle la conscience corporelle.
Le yoga nous apprend à prendre conscience de la position de notre corps dans l’espace et de ce qu’on ressent en le positionnant pour qu’il soit mieux aligné et plus équilibré, donc plus à l’aise et moins susceptible de provoquer des douleurs. Petit à petit, bouger sur notre tapis aide à rétablir les liens entre le corps et le cerveau.
Ressens tes émotions
Tout comme on peut se déconnecter de notre corps, on peut aussi se sentir déconnecté de nos émotions (ça a l’air impossible, mais c’est pourtant le cas). Encore une fois, quand on est tout petit, on ressent toutes nos émotions avec intensité : on rit aux éclats quand quelque chose est drôle ou on pleure tout autant quand on est triste. On n’est peut-être pas doué pour expliquer pourquoi on est heureux ou triste, mais on sait ce qu’on ressent et on n’a aucun mal à le laisser s’exprimer.
En grandissant, on nous apprend souvent à contrôler l’expression extérieure de nos sentiments, car il vaut mieux être rationnel qu’émotionnel. Les conventions sociales nous pèsent lourdement, nous disant que pour être pris au sérieux, on doit réprimer cette exubérance. Cacher nos vrais sentiments commence à nous sembler plus confortable que d’en parler.
Si on a vécu un traumatisme émotionnel, on peut finir par enfermer complètement ces sentiments derrière un mur, car ils provoquent trop de bouleversements ou d’angoisse. Une fois ces barrières en place, ça peut devenir vraiment difficile de savoir ce qu’on ressent vraiment à propos de quoi que ce soit.
Rétablir les liens
Tout comme le corps et l’esprit tissent de nouveaux liens grâce aux asanas, la méditation aide l’esprit à se reconnecter à lui-même. Quand tu médites, tu te rends compte que tes pensées ne sont pas la seule chose qui se passe là-haut. Si tu peux observer tes propres pensées, alors qui est-ce qui observe et qui est-ce qui pense ?
Dans un état méditatif, une identité qui ne se définit pas uniquement par les pensées du moment qui défilent dans ta conscience se révèle. Désormais, ton esprit observateur peut commencer à faire taire le bavardage de ton « esprit de singe ». Tu peux désormais commencer à ressentir tes émotions sans les juger.

Exprime-toi
Bon, maintenant qu’on fait tous le travail nécessaire pour renouer avec notre moi profond, allons un peu plus loin. Exprime ces sentiments, mon pote. Dis ce que tu as envie de dire. Dis ta vérité. Si tu es triste ou stressé, c’est sain d’en parler. Exprime-toi au lieu de tout garder enfoui à l’intérieur.
Si c’est difficile pour toi, tu pourrais tirer profit de pratiques axées sur ton chakra de la gorge (Vishuddha). Bien que les chakras fassent partie du corps subtil (ce qui signifie qu’ils relèvent davantage de la métaphysique que de l’anatomie), leur purification passe souvent par l’ouverture des zones du corps qui leur sont associées. Pour le chakra Vishuddha, ça inclut le chant, le pranayama (notamment l’Ujjayi et le souffle du lion) et les asanas qui ciblent les zones du cou et de la gorge.
Si tu es heureux et que tu le sais, partage-le. Partage l’amour, partage la gratitude, laisse-les jaillir en toi et déverser leur bienveillance dans le monde. Exprimer nos sentiments avec des mots est un privilège propre à l’être humain qui a le pouvoir de nous faire tous nous sentir plus connectés les uns aux autres.



